CREATION ET EVOLUTION DU SNEA-B

jeudi 5 novembre 2009
par Olivier Kima
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Message du Bureau National

Pour mémoire, c’est le 12 octobre 1949 qu’un groupe d’enseignants, face aux multiples brimades de l’administration coloniale sur les personnels africains et profitant du décret du 12 juillet 1939 accordant le droit syndical aux sujets indigènes Français titulaires du certificat d’études primaires, décidait de la création du Syndicat des Personnels Enseignants Africains de Haute Volta (SPEA-HV).Le Camarade Bertrand Benon est porté à la tête de ce jeune syndicat qui ne prendra véritablement son essor qu’à partir de 1953. "Les luttes de ces premières heures portaient essentiellement sur la défense des droits syndicaux et de la dignité de l’enseignant noir des colonies face à la férule de l’administration coloniale" nous confiait le patriarche Benon le 30 octobre 1999 lors d’une visite de courtoisie du bureau national à son domicile à GAO dans le Ziro. Tous les fonctionnaires de l’AOF relevant au plan salarial du gouvernement général de cet espace dont le siège était à Dakar, il n’était pas question pour un syndicat autonome de formuler de revendications salariales, cette prérogative revenant exclusivement aux fédérations syndicales telles que l’union générale des travailleurs d’Afrique Noire (UGTAN) et à la fédération des enseignants d’Afrique Noire (FEAN) dont notre syndicat était membre. Le 1er congrès eu lieu en 1955. Au 9e congrès tenu à Bobo Dioulasso en 1963 l’appellation SPEA-HV est abandonnée au profit du SNEA-HV et Ali Lankouandé est élu secrétaire général.

De 1949 à nos jours, 15 Secrétaires Généraux ont présidé aux destinés de notre organisation.

Feu BENON Bertrand 1949-1953 Feu Tibo Bernard OUEDRAOGO 1953-1958 Jean André DIALLO 1958-1959 Feu Zoumana TRAORE 1959-1961 Feu Triande TOUMANI 1960-1961 Feu Lambert OUEDRAOGO 1961-1963 Ali LANKOUANDE 1963-1968 Ibrahim SANOGO 1968-1969 Albert SOMDA 1970-1971 Feu Sié Léopold KAMBIRE 1969-1970 / 1972-1974 Baba Hamidou OUEDRAOGO 1975 – 1983 Victor Flatié SANFO 1984 – 1989 Feu Jean BILA 1990 – 1993 Alfred SAWADOGO 1993 – 2000 Jean KAFANDO 2000 – à nos jours

Camarades militantes et militants, Sympathisantes et sympathisants, Collègues enseignantes et enseignants, Le 12 octobre 1999 notre organisation fêtait son jubilé d’or placé sous le signe de la fidélité :
-  fidélité aux engagements et aux serments des aînés ;
-  fidélité aux martyrs du SNEA-B ;
-  fidélité aux objectifs et aux ambitions de notre organisation. En attendant le jubilé de diamant, votre bureau national a placé cet anniversaire sous le signe de la constance :
-  constance dans la ligne idéologique ;
-  constance dans la promotion de la démocratie ;
-  constance dans le combat et la lutte qui paie. Il lance un appel vibrant aux militantes et militants à plus d’ardeur au travail et à plus de tranchant dans la lutte car après le devoir accompli, on peut légitimement réclamer les droits. En 60 ans de lutte, notre organisation est incontestablement la structure qui a le plus œuvré pour le bien-être des travailleurs de l’éducation et la restauration de la dignité de l’enseignant burkinabé. A coup de grèves, de procès, de négociations, les différents bureaux nationaux ont fait valoir vos droits. A titre d’exemple voici la teneur de la lettre du ministre de l’éducation nationale adressée au SNEA-B le 15 juillet 1974

LETTRE AU S.N.E.A.H.V Ouagadougou, le 15 juillet 1974

Monsieur le Ministre de l’éducation Nationale A Monsieur le Secrétaire Général du Syndicat National des Enseignants Africains de Haute-Volta
-  OUAGADOUGOU-

Monsieur le Secrétaire Général,

J’ai l’honneur de vous faire connaître que le conseil des Ministres en sa séance du 3 juillet 1974, a bien voulu examiner dans leur ensemble les revendications du corps enseignant. Il a arrêté les mesures suivantes concernant le personnel du 1er degré : 1. gratuité de logement pour les maîtres en service en dehors des chefs –lieux des sous –préfectures et des communes. 1126 enseignants servant dans ces conditions bénéficieront donc de cette gratuité. Des mesures seront prises pour qu’avant le 31 décembre 1975, les 598 autres maîtres servant dans les mêmes conditions soient décemment logés. 2. Les enseignants en service dans les chefs –lieux des sous-préfectures et les communes, actuellement logés verseront mensuellement une participation forfaitaire de 200 francs par chambre à coucher, avec un plafond de 1000 francs. Les maîtres servant dans ces localités qui ne sont pas logés percevront une indemnité compensatrice mensuelle de 2000 francs pour compter du 1er janvier 1975. 3. Les inspecteurs de l’enseignement primaire logés sur leur lieu de travail verseront une participation mensuelle de 1000 francs par chambre à coucher, en remplacement de la retenue de 10% sur leur traitement précédemment prévu par décret. 4. Au principe "une classe un logement" qui est très souvent contourné, le gouvernement a préféré retenir le principe : "le logement avant la classe" et a demandé au Ministre de l’éducation nationale de veiller à son application dès la prochaine rentrée scolaire. Il a également reconnu le droit au logement pour les enseignants du premier degré que les jeunes professeurs débutants (jusqu’à trois ans) 5. Les problèmes du reclassement des professeurs de C.E.G des P.T.A, des maîtres d’éducation rurale et celui de l’avancement automatique seront réexaminés dans le cadre de la révision du statut général de la fonction publique et de celles de tous les statuts particuliers des autres corps de l’Etat. 6. Le gouvernement a retenu le principe de la création d’un corps d’inspecteurs principaux de l’enseignement du second degré. Ces inspecteurs seront nommés après inscription sur une liste d’aptitude établie sur la base des critères suivants :
-  critère universitaire : licence d’enseignement plus, soit l’agrégation, soit le CAPES, soit le CAPET, soit le CAIP.
-  critère d’ancienneté : 15 ans d’enseignement effectif dans le second degré avec une interruption n’excédant pas 5 ans.

L’ensemble de ces mesures sera précisé dans des décrets ultérieurs 7. Enfin je profite de l’occasion qui m’est offerte pour vous signaler que satisfaction partielle - en attendant de pouvoir faire mieux – a été donné à votre motion sur le pécule des boursiers externes du secondaire et la bourse d’études des étudiants de l’université de Ouagadougou. En effet, pour compter du 1er avril 1974 le taux du pécule a été porté de 3000 à 4000 francs et celui de la bourse de 22500 à 24000.A compter du 1er janvier 1975,ces taux seront portés à 5000 francs pour le premier et 24500 pour le second.

Ces mesures constituent à mes yeux un début de solution aux nombreux problèmes de l’école et des enseignants voltaïques. Je vous prie de croire, monsieur le secrétaire général, à l’assurance de ma considération distinguée. Le Ministre Ali LANKOUANDE

Rappelons également qu’en 1995, le SNEA-B a intenté un procès contre l’Etat burkinabè sur la réouverture du concours A’ de l’ENAM ; procès qu’il a remporté devant la chambre administrative de la Cours Suprême. Camarades militantes et militants, Outre les victoires remportées, notre organisation a aussi connu des moments de répression sous les différents régimes dont le summum a été atteint sous la révolution
-  du 9 au 13 mars 1984, arrestation de 4 responsables du SNEAHV : KONE Batiémogo ; SIB Joachim ; BILA Jean ; KINDO Ousmane Ismaël.
-  21-22 mars 1984, grève de 48h et licenciement de 2600 enseignants
-  Le 10 novembre 1984, le CNR notifie au bureau du SNEAHV qu’il n’a plus le droit d’existence en tant que syndicat. Nous réitérons nos remerciements aux centrales syndicales : ONSL ; CNTB ; USTB, CSB, les autorités religieuses, l’empereur des Mossé, le BIT, pour le soutien inestimable qu’ils ont témoigné à notre organisation dans ces moments difficiles. Malgré ces coups durs, le SNEAB, par son dynamisme et son rayonnement a su se faire respecter et même craint. C’est cette peur et la volonté de liquider un syndicat trop puissant qui a poussé au licenciement de tant d’enseignants pour nous museler à jamais. Mais vous avez compris camarades, que les régimes passent et que seule la profession demeure. C’est pourquoi, notre organisation restera indépendante de tout régime politique, de toute confession religieuse et de tout groupe ethnique. Le SNEA-B lance également un appel à la jeunesse enseignante qui, écartelée entre le pluralisme syndical se trouve comme déboussolée, perdue. Beaucoup ne militent plus dans aucun syndicat. Nous leur disons que les portes du SNEAB leur sont largement ouvertes. La distance parcourue en 60ans est longue certes, mais les défis qui se présentent aujourd’hui au monde des éducateurs sont énormes. Ensemble nous saurons les relever. Bon anniversaire à toutes et à tous.

Pour le Bureau National Le Secrétaire Général National

Jean KAFANDO Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques


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Condition d’obtention d’un passeport burkinabé

Le passeport ordinaire est délivré par la Direction Générale de la Police Nationale à travers la Division de la Migration sise à Gounghin. Pour l’obtention d’un passeport, il faut constituer un dossier composé des pièces ci-dessous à déposer à la Division de la Migration tous les matins du lundi au vendredi.

Composition du dossier d’une demande de passeport Pour les majeurs

1. Une copie légalisée de l’acte de naissance

2. Une copie légalisée du certificat de nationalité Burkinabé

3. Une copie légalisée de la CNIB

4. Un casier judiciaire en cours de validité

5. Un timbre de 200FCFA

6. Trois(03) photos d’identité (format passeport)

7. Un document justifiant votre profession

8. La somme de cinquante mille (50.000F) CFA pour les frais d’établissement Pour les femmes mariées qui désirent porter le nom de leurs conjoints sur le passeport, il faut joindre une copie légalisée de l’acte de mariage aux pièces citées ci-dessus.

Pour les mineurs

1. L’acte de naissance de l’enfant

2. Le certificat de nationalité de l’enfant

3. Une autorisation parentale

4. Document d’identité des deux parents (si le mineur réside au Burkina Faso) ; dans le cas contraire, il faut un titre de séjour des deux parents. Dans ce cas, l’autorisation parentale n’est plus nécessaire.

5. Un timbre fiscal de 200 f plus la somme de 50000f

6. Trois(03) photos (format passeport)

Pour les militaires et paramilitaires, il faut joindre un certificat de présence au corps précisant l’établissement d’un passeport.

NB : La durée d’établissement est de soixante-douze heures (72h) ouvrables si le dossier est régulier.

- Mais en cas d’insuffisance de stocks le délai peut varier en fonction de l’urgence.

- Eviter de passer par des intermédiaires.