Engagement des volontaires de l’éducation au Burkina Les raisons d’un rejet

samedi 14 novembre 2009
par jean kafando
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Au Burkina Faso le désir du gouvernement d’engager des volontaires de l’éducation a suscité en son temps des remous et des contestations dans les organisations syndicales

Le système éducatif est depuis toujours une œuvre du présent et de l’avenir d’un pays car prenant en compte la dimension de l’intégration sociale, de l’élève sortant. Au Burkina le taux de scolarisation étant de 6,5 % à l’année des indépendances en 1960 est aujourd’hui de 57 %. L’objectif de "l’éducation pour tous" a encore du chemin à faire. L’Etat voulait aller vite dans la scolarisation universelle en 2002 avec son projet d’engager des volontaires de l’éducation, mais a dû l’abandonner. Pourquoi ? A l’instar du Contrat, première embauche (CPE) que le gouvernement français a abandonné sous la pression des manifestations publiques, le projet du gouvernement burkinabè en 2001 d’engager des volontaires de l’éducation a fait long feu. Pour causes, diverses organisations syndicales, en occurrence de l’éducation ont attiré l’attention sur les conséquences néfastes du fait que le système éducatif burkinabè sera victime dans cette aventure.

L’enseignement demande une méthodologie d’adaptation du niveau de l’élève. Cinq années après le rejet de l’engagement des " volontaires de l’éducation ", nous sommes revenus à la charge pour mieux comprendre les raisons fondamentales. Sans passion, syndicalistes, enseignants, parents d’élèves et politiques se sont exprimés dans un esprit de discernement et de clairvoyance sur le rôle moteur de l’éducation dans le développement et, les aptitudes préalables que doit posséder un enseignant. Aperçu général de la politique éducative Le système éducatif burkinabè a fait des pas en avant depuis l’indépendance en 1960 jusqu’à nos jours. Mais si les efforts restent en deçà des attentes, la volonté politique des dirigeants d’accélérer la scolarisation universelle ne manque pas d’initiative. En effet, à l’instar de nombre de pays africains, le Burkina a connu plusieurs reformes, dont certaines sont restées à l’étape de projet, ainsi que des innovations perpétuelles de son système éducatif. Depuis 1991, la politique générale du secteur de l’éducation s’inscrit globalement dans la dynamique de la "lettre d’intention de politique de développement humain durable" du gouvernement qui accorde une priorité à l’éducation de base et stipule à travers l’article 17 de la loi "d’orientation de l’éducation" adoptée en 1996 que chaque cycle est terminal quel que soit l’ordre d’enseignement. L’obligation scolaire couvrant la tranche d’âges de 6-16 ans reste conditionnée aux possibilités d’accueil offertes par le système. Cette politique se traduit par la mise en place progressive du "Plan décennal de développement de l’éducation de base" (PDDEB) et de l’enseignement post-primaire. Le PDDEB adopté par décret le 23 juin 1999 et démarré à la rentrée scolaire 2001-2002 s’est assigné cinq grands objectifs :
- Accroître l’offre d’éducation à 70 % en 2010 ;
- Réduire les disparités de tous genres ;
- Améliorer la qualité, la pertinence de l’offre d’éducation en améliorant la compétence des enseignants et l’efficacité du système etc....
- Promouvoir l’alphabétisation et les formules alternatives d’éducation de base,
- Enfin disposer d’un système d’information statistique efficace. Tout cela démontre que l’éducation est une priorité nationale pour laquelle le gouvernement ne ménage aucun effort pour son essor, tant au niveau de l’enseignement public que privé. Partant, un certain nombre d’innovations ont été entreprises en vue du développement tant quantitatif que qualitatif du système :
- Les classes à double flux pour remédier au problème des effectifs pléthoriques ;
- Les classes multigrades pour pallier les problèmes de sous-utilisation des infrastructures ;
- Les écoles satellites pour améliorer la couverture scolaire dans les zones rurales ;
- Les centres d’éducation de base non formelle pour soutenir la politique d’alphabétisation en recrutant tous les deux ans de jeunes ruraux de 10 à 15 ans. C’est pour accélérer les besoins en personnel de ces entreprises que l’idée d’engager des "volontaires de l’éducation" a été envisagée. Volontariat et motivation Le volontariat est aujourd’hui un concept en pleine évolution et qui intéresse de plus en plus des gens. Que ce soient des jeunes, des personnes plus âgées, des spécialistes ou des étudiants, tous partagent le souhait de donner un peu de leur expérience, pour une cause qu’ils défendent. Ce concept clarifie le volontariat, c’est l’intéressé qui manifeste son désir d’accomplir un devoir par souci d’humanisme. Par contre, le cas spécifique des volontaires de l’éducation que l’Etat burkinabè a envisagé de recruter pour la rentrée scolaire 2001-2002 était sous-tendu plutôt par une volonté politique. L’objectif était d’accroître l’offre d’enseignement afin d’accroître le taux de scolarisation. Le hic est que ces enseignants allaient percevoir un salaire forfaitaire de cinquante mille francs CFA sans plan de carrière tout au long de leur service. Allaient-ils sérieusement enseigner avec vocation ? Après maintes interrogations les syndicats d’enseignants se sont mobilisés pour l’abandon du projet. Non à l’éternel recommencement de l’éducation Pour les opposants à l’engagement des volontaires, ils soutiennent que l’école burkinabè courait le risque de fournir un enseignement au rabais, mais aussi allait porter atteinte à la profession enseignante. Déjà avec vingt mille instituteurs qualifiés, la qualité de l’enseignement dans les écoles publiques laisse à désirer. En ce sens que l’insuffisance de formation des maîtres, les effectifs pléthoriques dans les classes et l’insuffisance de motivation font que l’enseignement est vu par certain comme une occupation spontanée en attendant de trouver un emploi plus rémunérateur. Alors engager des volontaires c’est sans doute désorganiser, selon les syndicats, le système éducatif. Selon le secrétaire général du Syndicat national des enseignants africains du Burkina (SNEA-B) M. Jean Kafando, "l’Etat burkinabè voulait se conformer aux autres pays". Il n’y a eu ni tambour ni trompette dans cette contestation contre l’engagement des volontaires. Mais le bon sens a prévalu car le gouvernement a enterré le projet. Les mille deux cents enseignants volontaires recrutés pour l’année scolaire 2001-2002 ont été en définitive intégrés à la Fonction publique comme contractuel de l’Etat. Enseignement : un métier à respecter Qu’on ne se leurre pas, l’enseignement nécessite au préalable la maîtrise d’une pédagogie. Avec les volontaires, ce principe crucial devrait être ignoré. Car même si les volontaires avaient un certain niveau d’étude, ils ne devraient pas bénéficier de formation préparatoire pour enseigner. D’où le doute des enseignants et des parents d’élèves de la qualité de l’enseignement des volontaires. La plupart des enseignants des villes et des campagnes que nous avons interrogés sont unanimes que les volontaires allaient grandement contribuer à la dévalorisation du système éducatif. Ainsi pour M. Saïdou Ouédraogo, directeur de l’école du village de Dissomey (province du Zoundwéogo) "Les volontaires pouvaient s’engager pour meubler leur temps libre.

Notre reporter en entretien avec un enseignat dans sa classe. Ils abandonneront à tout moment les élèves si les bonnes opportunités se présentaient à eux". Même son de cloche pour l’homme politique, Adama Séré du Rassemblement des écologistes du Burkina (parti d’opposition) qui pense que le système éducatif du Burkina allait connaître une expérience lamentable et cela interpellait la conscience collective à militer pour son rejet. En somme, le droit à une éducation de qualité pour tous qui est la pierre angulaire pour lutter contre la pauvreté a été défendu par les opposants aux volontariats dans l’enseignement. La bataille pour le rejet des recrutements des volontaires de l’éducation a été gagnée. Reste l’épineuse bataille de l’éducation pour tous qui semble être un horizon au Burkina Faso. Théodore ZOUNGRANA tzoungrana@yahoo.fr

Brève histoire du volontariat Le volontariat d’une manière générale trouve ses origines en 1920. Un groupe de gens provenant de pays qui s’étaient opposés durant la première guerre mondiale se retrouvent pour reconstruire un village de Verdun (France). Au sortir de la seconde guerre mondiale le travail volontaire prend une nouvelle ampleur. De nouvelles organisations voient le jour et travaillent pour la reconstruction des pays européens touchés par la guerre. En Europe, le mouvement a été étroitement lié aux efforts de paix. C’est à partir des années 1950 que le volontariat est explicitement associé à l’aide au développement et se déplace hors d’Europe. Il faut dire que le volontariat concerne tous les secteurs liés au développement social (assistance à l’aide humanitaire, à la reconstruction d’une ville dévastée, à l’assistance de personnels qualifiés dans divers domaines) des pays non alignés. A l’issue de la première conférence des "pays Non-alignés" de Bandung en 1955, de nouvelles organisations communautaires se mettent en place et les associations humanitaires se multiplient et mettent en place des programmes d’envoi de volontaires de plus en plus conséquents (Terre des Hommes, Service Allemand de Développement, Peace corps, AFVP. . . ). Pendant les années 1970-1980, le nombre des associations humanitaires et de développement continuent de croître et de multiplier leurs actions surtout en Afrique Subsaharienne. Les pouvoirs publics soutiennent très largement ce mouvement (subventions, déductions fiscales, etc.) Depuis, les organisations privées (ONG), les pouvoirs publics ou les organisations internationales ont poursuivi leurs efforts pour la promotion du volontariat. Cependant, le volontariat pour servir dans le secteur de l’éducation en Afrique a suscité dans certains pays des remous et des contestations des organisations syndicales. Pour la simple raison que l’éducation est un secteur clé du développement et nécessite plus de rigueur dans la sélection des enseignants pour une meilleure transmission du savoir et du savoir-faire. Toutefois, dans l’ensemble, le volontariat a beaucoup impulsé un élan dans la réalisation de diverses œuvres utiles à l’épanouissement humain à travers le monde.

M. Jean Kafando, secrétaire général du SNEA-B "Notre refus d’accepter les volontaires de l’éducation vise à défendre le statut de l’enseignant et l’école de qualité"

M. Jean Kafando. Au Burkina Faso le désir du gouvernement d’engager des volontaires de l’éducation a suscité en son temps des remous et des contestations dans les organisations syndicales. Le Syndicat national des enseignants africains du Burkina (SNEA-B) qui a été le chef de file de cette lutte n’a pas manqué d’arguments pour convaincre le gouvernement d’abandonner le projet. Le secrétaire général du SNEA-B, M. Jean Kafando justifie à travers cet entretien le bien-fondé de leur lutte et le danger que court le système éducatif burkinabè s’il s’aventurait dans l’engagement des volontaires. L’Hebdomadaire du Burkina (H.B) : Pensez-vous qu’il est utile pour le Burkina Faso de recourir à des volontaires pour accélérer la scolarisation universelle ? Jean Kafando (J.K) : Non, je pense que pour le Burkina, on peut trouver d’autres moyens pour accélérer l’éducation. Nous pensons que recruter des volontaires n’est pas la solution. C’est pourquoi dans notre pays nous nous sommes battus pour qu’il n’y ait pas des volontaires de l’éducation. Effectivement jusqu’à l’heure où je vous parle il n’y a pas de volontaires de l’éducation au Burkina Faso. Dans notre pays, il y a deux types d’agents publics de l’Etat : les fonctionnaires et les contractuels. Les contractuels sont recrutés avec un plan de carrière normal comme les autres fonctionnaires ce qui leur permet d’évoluer dans leur carrière. Ils ont le droit de grève comme les fonctionnaires. C’est vraiment quelque chose de spécifique comparativement à ce qui se passe dans les autres pays autour de nous. Donc nous pensons qu’on peut accélérer l’offre d’éducation en construisant beaucoup d’écoles et en recrutant aussi beaucoup d’enseignants et non des volontaires. Pourquoi les syndicats des enseignants s’opposent à l’existence des volontaires de l’éducation ? Parce que nous pensons que ce n’est pas une bonne solution. Ces volontaires de l’éducation qu’on veut payer à 50 000 F CFA (Ndlr. 76,224 euros) forfaitaire, n’ont pas de plan de carrière ; pensez-vous que ce type de personnel peut vraiment donner le meilleur de lui-même pour le progrès du système éducatif ? Nous nous disons que non. Ce sont des "enseignants" qui seront là pour le service minimum et lorsqu’ils auront une situation meilleure ailleurs ils vont partir et les postes seront toujours vacants. Raison pour laquelle nous pensons que l’engagement des volontaires n’est pas la bonne formule. Il faut recruter des enseignants. Et nous pensons que l’enseignement est un métier comme les autres. N’importe qui ne peut pas enseigner. Il faut nécessairement une formation adéquate pour l’exercer et bien éduquer. En tant que premier responsable du SNEA-B, vous adhérez à la formule de recrutement des enseignants contractuels ? Au départ nous nous sommes battus contre ce système. Malheureusement cela est lié à la loi 13 devenue loi 19 aujourd’hui, qui consacre l’organisation de la fonction publique burkinabè. Cette loi 19 a été révisée avec la participation des syndicats. Le volet contractualisation, nous avons milité pour sa suppression, mais nous n’avons pas réussi. Ç’a été un point de désaccord entre l’administration et les syndicats. Donc c’est à notre corps défendant que nous sommes obligés d’accepter les contractuels de l’Etat. Nous disons que la situation des contractuels de l’Etat est meilleure que celle des enseignants communautaires, des vacataires, des volontaires de l’éducation, des enseignants PPTE (pays pauvres très endettés) etc, qui sont des appellations qui existent dans d’autres pays. Parce qu’ils ont une situation claire, un plan de carrière, ils militent dans les structures syndicales. Donc la situation des contractuels au Burkina est meilleure comparativement à d’autres pays. Quels sont les inconvénients du recrutement de volontaires dans la qualité de l’enseignement et le statut de la profession d’enseignant ? L’inconvénient c’est qu’il est clair qu’il y aura des répercussions sur la qualité de l’enseignement. Parce que quelqu’un qui n’a pas été formé manque des notions élémentaires de pédagogie pour transmettre le savoir aux élèves. Par contre celui qui a été formé dans une école professionnelle est plus apte pour produire de bonnes performances dans l’encadrement des écoliers. Aussi, le fait de recruter les volontaires participe à une certaine dévalorisation de la fonction enseignante. Donc cela pose des problèmes au niveau du statut de l’enseignant. Qu’on ne se leurre pas, l’enseignement obéit à des règles qu’il faut nécessairement maîtriser. Pourquoi on n’envoie pas des volontaires à l’hôpital pour soigner les malades ? A la police pour aider à lutter contre le banditisme ? etc. Retenons que l’enseignement est aussi un métier qui s’apprend. Nous nous battrons pour sauvegarder le statut de l’enseignant. Peut-on penser que votre refus d’admettre des volontaires est purement pour des raisons d’intérêt de lutte syndicale ou cela pose également la problématique du devenir du système éducatif burkinabè ? Bien sûr que le refus d’accepter les volontaires c’est d’abord pour défendre le statut de l’enseignant. Secundo, c’est pour défendre l’école de qualité. Nous voulons une éducation publique de qualité pour tous. Pour cela, il faut des enseignants qualifiés. Les volontaires ne sont pas des enseignants qualifiés. Ils n’ont suivi aucune formation et cela posera un problème de qualité dans l’enseignement. On n’a pas besoin de théoriser pour prouver que l’éducation rime avec enseignant qualifié. Les syndicats ont coutume de revendiquer et de s’opposer aux décideurs politiques. Quelle est la contribution du SNEA-B pour accélérer la scolarisation universelle au Burkina Faso ? Nous avons beaucoup contribué et nous continuons cette œuvre. Chaque année nous procédons à la formation pédagogique des enseignants. C’est notre contribution à l’éducation de qualité. Nous nous battrons pour le relèvement du temps de formation dans les écoles. Mais comme l’Etat fait la sourde oreille là-dessus nous apportons notre modeste contribution à l’élévation du niveau de compétence à travers plusieurs séminaires de formation chaque année.

Notre reporter en entretien ici avec le secrétaire général du SNEA - B. A travers notre plan d’action EPT (Education pour tous) avec notre partenaire l’IE (Ndlr, International de l’éducation) nous avons dirigé pendant trois ans un programme "Education pour tous" à travers plusieurs activités de formation, d’études et de recherches liées au système éducatif. Cela dans l’optique de faire avancer la réflexion pour que le système éducatif soit de qualité. Comme proposition concrète que nous avons faite au gouvernement, nous avons demandé de rétablir la durée de la formation à deux ans au lieu de six mois. Nous avons fait des études pour prouver qu’il y a un lien étroit entre qualité de l’éducation et qualification des maîtres. Tout ça pour appuyer nos arguments et nos propositions. A suivre le fil de votre raisonnement, les syndicats d’enseignants et le gouvernement sont à couteaux tirés sur l’engagement des volontaires. Je pense que les volontaires profitent à l’Etat. Des volontaires avec 50 000 F CFA (76,224 euros) forfaitaire, sans plan de carrière etc, ça permet à l’Etat de faire des économies. Si on veut considérer la qualité à long terme cela ne profite pas aux parents d’élèves ni à l’élève, mais à court terme ça profite à l’Etat parce que l’Etat va économiser. Si l’éducation doit être bâclée nous avons de sérieuses inquiétudes de ce qui adviendra plus tard dans 40 à 50 ans. Les élèves d’aujourd’hui qui constituent la relève de demain doivent avoir aussi une éducation adéquate pour une meilleure continuité de l’administration publique. Avez-vous été les seuls à vous opposer ou d’autres structures se sont jointes à vous (parents d’élèves, autres syndicats) ? Le SNEA-B était le premier syndicat à lever le lièvre et nous avons tout fait par la suite pour que tous les syndicats de l’éducation fassent coalision pour mener la lutte. Lorsque nous avons rencontré le chef de gouvernement en présence des syndicats autonomes de l’éducation et les centrales syndicales nous avons posé le problème. Nous avons fait comprendre aux autres syndicats que le problème n’est pas sectoriel mais concerne l’ensemble des couches socioprofessionnelles. Cette action commune a conduit le gouvernement à mettre fin à ce projet d’engager les volontaires. Avez-vous un appel à l’endroit des décideurs politiques, parents d’élèves, enseignants, syndicats etc pour une synergie d’action pouvant conduire à un meilleur devenir du système éducatif burkinabè ? Ce que je peux faire comme suggestion est de considérer que la question d’éducation doit impliquer tout le monde : gouvernants, enseignants, parents d’élèves, toute la communauté. Il n’est pas question de sacrifier l’enseignant pour développer l’offre de l’éducation. Parce que l’objectif d’engager des volontaires vise à sacrifier le métier d’enseignant. C’est là que nous ne sommes pas d’accord. Le devenir du système éducatif burkinabè est sous-tendu par la part de responsabilité des enseignants, de l’Etat, des parents d’élèves. Donc chaque partie doit jouer sa partition dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement. En d’autres termes, tous les acteurs doivent se compléter. Notre combat ne se limite pas seulement à nos intérêts matériels ou moraux (c’est-à-dire les indemnités, les salaires) qui représentent notre première vocation. Mais notre deuxième vocation est que nous devrions travailler à sauvegarder l’école. Parce que c’est un outil entre nos mains et en tant qu’enseignant nous devrions préserver cet outil. Interview réalisée par Théodore ZOUNGRANA Tzoungrana@yahoo.fr

Points de vue de parents d’élèves et d’enseignants La contestation de l’engagement des volontaires de l’éducation a dépassé le cercle des structures syndicales. Parents d’élèves, enseignants qualifiés, hommes politiques ont désapprouvé l’intention du gouvernement burkinabè dans une politique d’éducation qu’ils qualifient de sans issue pour un meilleur devenir de l’école burkinabè. M. Télesphore Nikiéma (infirmier et parent d’élève) : C’est bien que le gouvernement cherche à accélérer la scolarisation universelle. Mais la méthode envisagée pour y parvenir semble hasardeuse. Les volontaires de l’éducation, à mon avis, ne viendront pas par vocation dans la profession d’enseignant. Primo : ils n’ont pas de formation de base pour exercer le métier d’enseignants ; Secundo : la rémunération avec un forfait de 50 000 F CF A sans perspective de promotion pour ces enseignants n’est guère motivante. Alors on peut se demander s’ils s’engageront à donner le meilleur d’eux - mêmes dans le travail. Nous, en tant que parents d’élèves nous nous préoccupons de la baisse continue de la qualité de l’enseignement. Envoyer des enseignants volontaires sans formation contribuera à hypothéquer l’avenir de l’école burkinabè et ternira l’image de l’enseignant. Donc les syndicats ont eu une bonne vision en s’opposant à ce projet du gouvernement. Ils ont défendu une cause commune, car l’avenir de la nation qui repose sur l’éducation des fils du Burkina allait en pâtir. Parce que, malgré que l’on forme les enseignants pendant deux ans, ce n’est pas évident qu’on puisse toujours s’en sortir. Il nous faut toujours une formation continue. Introduire dans les classes des volontaires de l’éducation sans formation préalable avec des conditions précaires, la qualité de l’enseignement laissera à désirer. On pourra peut-être alphabétiser les élèves, mais pas les instruire avec méthodologie. L’intention est d’accroître le taux de scolarisation et l’effectif des enseignants mais le résultat scolaire ne serait pas enviable. En tant qu’enseignante, je me range dans la lutte des syndicats pour dire non à l’engagement des volontaires de l’éducation. Parce que la différence de traitement salarial et de statut est tellement énorme qu’on peut se demander si les volontaires s’engageront par vocation. Et à terme c’est l’honneur de l’école et de l’enseignant burkinabè qui portera les stigmates de cette expérience. Il y a lieu de continuer à donner une formation adéquate aux enseignants pour un bon rendement du système éducatif burkinabè. Engager des enseignants volontaires c’est prétendre résoudre le problème de la scolarisation ou défendre une volonté politique. Mais l’évidence qui s’impose est que sans au préalable une formation pédagogique et psychologique, ces volontaires ne feront pas de bonne performance dans l’enseignement. A vrai dire n’importe qui ne peut pas enseigner avec n’importe quel niveau. Parce que l’on peut posséder la connaissance sans être apte de la transmettre aux élèves. L’opposition des syndicats à propos de l’engagement des volontaires est juste parce que le rôle du syndicat est de défendre le droit des enseignants et leur outil qu’est l’école. Je suis pour l’accroissement du taux de scolarisation au Burkina mais avec l’embauche des enseignants qualifiés et en construisant progressivement des écoles. L’engagement des volontaires de l’éducation n’est pas une bonne chose pour le Burkina pour la simple raison que cela va nous conduire à un chaos du système éducatif. De nos jours on compte 120 à 130 élèves par classe pour un enseignant c’ est déjà une corvée dans l’encadrement. Là où j’éprouve des inquiétudes pour les volontaires c’est dans la prestation. Même avec les enseignants formés on parle de baisse de niveau des élèves. Avec l’engagement des volontaires je doute de leur motivation dans le travail. Ils devraient percevoir 50 000 F CFA sans promotion. Est-ce que cela est encourageant ? A mon humble avis si l’Etat veut accélérer la scolarisation universelle qu’il construise autant d’écoles et surtout songer à la formation continue des enseignants. Tout le monde y gagne. Propos recueillis par Théodore ZOUNGRANA


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Condition d’obtention d’un passeport burkinabé

Le passeport ordinaire est délivré par la Direction Générale de la Police Nationale à travers la Division de la Migration sise à Gounghin. Pour l’obtention d’un passeport, il faut constituer un dossier composé des pièces ci-dessous à déposer à la Division de la Migration tous les matins du lundi au vendredi.

Composition du dossier d’une demande de passeport Pour les majeurs

1. Une copie légalisée de l’acte de naissance

2. Une copie légalisée du certificat de nationalité Burkinabé

3. Une copie légalisée de la CNIB

4. Un casier judiciaire en cours de validité

5. Un timbre de 200FCFA

6. Trois(03) photos d’identité (format passeport)

7. Un document justifiant votre profession

8. La somme de cinquante mille (50.000F) CFA pour les frais d’établissement Pour les femmes mariées qui désirent porter le nom de leurs conjoints sur le passeport, il faut joindre une copie légalisée de l’acte de mariage aux pièces citées ci-dessus.

Pour les mineurs

1. L’acte de naissance de l’enfant

2. Le certificat de nationalité de l’enfant

3. Une autorisation parentale

4. Document d’identité des deux parents (si le mineur réside au Burkina Faso) ; dans le cas contraire, il faut un titre de séjour des deux parents. Dans ce cas, l’autorisation parentale n’est plus nécessaire.

5. Un timbre fiscal de 200 f plus la somme de 50000f

6. Trois(03) photos (format passeport)

Pour les militaires et paramilitaires, il faut joindre un certificat de présence au corps précisant l’établissement d’un passeport.

NB : La durée d’établissement est de soixante-douze heures (72h) ouvrables si le dossier est régulier.

- Mais en cas d’insuffisance de stocks le délai peut varier en fonction de l’urgence.

- Eviter de passer par des intermédiaires.