35 ème congrès du SNEA-B

Rapport d’activités du Secrétaire Général sortant
jeudi 2 septembre 2010
par jean kafando
popularité : 68%

Camarades militantes et militants des sections et des régions,

Camarades congressistes,

Quatre ans après notre dernier congrès tenu les 31 Août et les 1er et 2 septembre 2006, l’occasion nous est encore donné de nous réunir en vue de jeter un regard critique sur ce qui se passe autour de nous dans le monde, sur notre continent et dans notre pays, mais aussi en vue d’examiner ensemble le chemin parcouru en termes d’activités menées pendant la période écoulée. Je souhaite vivement que la participation de toutes et de tous soit réelle, syndicale, objective et surtout sans passion, pour nous permettre des analyses et critiques constructives pour le renforcement de notre organisation syndicale.

Ce bilan succinct se fera à travers le plan ci-après :

I - Situation politique et socio-économique a) dans le monde b) en Afrique c) au Burkina

II – Situation de nos régions syndicales (il s’agit de la synthèse des rapports des conseils régionaux)

III – De nos activités au cours du mandat.

IV- De nos publications

V– Perspectives.

VI – Conclusion.

I – Situation politique et socio-économique

a) . dans le monde Année 2007-2008

La situation dans le monde en 2007 a été très préoccupante sur les plans socio-économique et politique. Les droits de l’homme, les libertés individuelles et collectives, n’avaient connu aucune amélioration. En effet, des milliers d’hommes et de femmes ont subi des détentions illégales, des procès inéquitables ou des tortures etc. Ainsi, selon le rapport de la Confédération Syndicale Internationale ( CSI), en 2006, 144 syndicalistes ont été assassinés pour avoir défendu les droits des travailleurs et plus de 800 autres ont été battus ou torturés, près de 5000 cas d’arrestations et plus de 8000 licenciements de travailleurs pour leurs activités syndicales ont été enregistrés de par le monde, environ 484 nouvelles incarcérations institutionnelles de syndicalistes ont eu lieu au cours de la période écoulée.

En 2008 des milliers d’hommes et de femmes continuaient de subir des détentions illégales, des tortures de toutes sortes à travers le monde.

Comme vous le savez, à ce triste tableau s’ajoutait la crise financière que le monde a connu. En effet, selon le BIT, la crise financière aurait pu provoquer un nombre record de chômeurs dans le monde d’ici 2009, parce que les licenciements se multipliaient déjà en Europe et aux Etats-Unis dans la finance et l’automobile. Le récent rapport en date du 12 Août 2010 indique que sur les 620 millions de jeunes économiquement actifs, âgés de 15 à 24 ans, 81 millions étaient sans emploi fin 2009. Le plus haut chiffre jamais atteint. C’est 7.8 millions de plus qu’en 2007. Le taux de chômage des jeunes est passé de 11.9 % en 2207 à 13% en 2009. Le rapport ajoute que ces tendances auront de « sérieuses conséquences pour les jeunes alors que des nouveaux arrivants sur le marché viennent grossir les rangs de ceux qui sont déjà au chômage. » Il met en garde contre « le risque d’une « génération perdue », constituée de jeunes gens qui sont totalement détachés du marché du travail et ont perdu tout espoir de pouvoir travailler pour gagner décemment leur vie. » En septembre, la faillite de plusieurs banques aux Etats-Unis et en Europe avait également mis sur le carreau des milliers d’employés. Le SNEA-B avait condamné ces licenciements et souhaité que la protection des entreprises durables ainsi que le travail décent soient au cœur du Sommet du G 20 sur la crise financière annoncé récemment par les présidents français et américain, Nicolas Sarkozy et Georges W. Bush lors de leur rencontre à Camp David et qui s’est tenue les 14 et 15 de la même année aux USA. Année 2009-2010 Le rapport annuel des violations des droits syndicaux, a présenté un impact assez terrifiant de la crise financière et économique mondiale qui avait touché en 2008 des millions de travailleurs aux quatre coins du monde, tant dans les pays industrialisés que ceux en développement. Ainsi, à l’échelle mondiale au cours de cette année, environs 76 syndicalistes avaient été assassinés en raison de leurs actions en faveur des droits des travailleurs. Des syndicalistes avaient également été assassinés entre autres 9 au Guatemala, 3 au Honduras et 4 au Venezuela. En Asie, au moins six assassinats avaient été rapportés au Népal et aux Philippines, ainsi que trois en Afrique précisément au Nigeria, en Tunisie au Zimbabwe et un au Moyen-Orient en Irak. Plusieurs milliers de syndicalistes et de travailleurs avaient été licenciés pour avoir participé à des actions de grève ou à des protestations ; d’autres avaient été victimes d’actes de harcèlement ou de discrimination et des centaines avaient été arrêtés. Camarades, malgré cette insécurité, des millions de syndicalistes et de militants des droits des humains dans le monde entier ont continué de lutter pour la défense des droits des travailleurs, dans certains cas au risque de perdre leur propre vie ou leurs moyens de subsistance. Parmi eux figurent des dirigeants syndicaux au Zimbabwe, en Colombie, en Guinée, au Guatemala, aux Philippines, en Irak et en Iran. L’économie mondiale est entrée depuis la crise des « subprimes » dans la tourmente. Les crises s’ajoutent aux crises : crises immobilières, crise bancaire. Aux discours rassurants sur le boom des nouveaux géants a succédé un sentiment d’inquiétudes mêlé de panique sur les marchés financiers. Les déséquilibres financiers sont gigantesques. Ils aggravent les inégalités, détruisent des emplois, disloquent la vie de centaines de millions de personnes. Le capitalisme sans règles ne peut qu’accroître la pauvreté et les tensions. Le syndicalisme, au niveau international, a un rôle essentiel à jouer. L’implication de notre organisation syndicale tant au niveau international que national est inscrite dans cette dynamique. Nous avons contribué à la place qui est la nôtre à la construction d’une école de qualité dans notre pays à travers le renforcement des capacités des enseignants. Camarades congressistes, les pressions sur les systèmes éducatifs se ressemblent : désengagement de l’Etat, déréglementation,, libéralisation, privatisation rapide. Les coûts sociaux se soldent, en définitive, par un sombre bilan. Le SNEA-B condamne les processus importés sans évaluation, les recettes appliquées sans discernement qui ne visent qu’à réduire le rôle de l’Etat et à transférer des services au marché.

b) en Afrique La situation en Afrique n’est pas non plus des meilleures. Les soubresauts sociopolitiques, économiques et climatiques qui secouent notre planète n’épargnent guère le continent africain. Telle une onde de choc, tout ce qui affecte les autres continents se répercute et se décuple sous nos tropiques. A la mal gouvernance et aux conflits armés devenus récurrents sont venus se greffer la crise financière créée à dessein et les effets de la pollution engendrée par les grandes industries européennes, américaines et chinoises.

Année 2007-2008 Cette période a été pour notre continent des moments de crises politico économiques, de catastrophes naturelles, de violations des droits de l’homme, etc. Au DARFOUR, la crise a touché environ 3 millions et demi de personnes d’où la naissance de divers maux sociaux (pauvreté, misère, insécurité). Cette situation de précarité s’est ressentie dans presque tous les pays dont en Centrafrique et en RDC, etc. Au Maroc, les restrictions aux libertés syndicales sont toujours utilisées pour réprimer les grèves, notamment celles menées par les femmes dans le secteur textile, qui, parfois, ont été poursuivies en justice. Au Tchad, le pétrole a été la source de conflits. Néanmoins les organisations telles l’UNICEF oeuvrent à l’amélioration de cette situation. En 2007, la liberté de presse en Afrique a été mise à rude épreuve, ce fut le cas au Niger de Moussa Kaka, au Sénégal de Moussa Gueye qui, tous deux à cause de leur profession de journaliste ont connu les exactions politico-judiciaires.

De même en Sierra Leone la presse reconnue comme la plus en insécurité au monde après celle d’Irak, 08 journalistes ont été assassinés dans l’exercice de leur métier. Vu tout cela, le président de la Commission de l’Union africaine (UA) a appelé les pays africains à mener des actions de protection des hommes de presse L’Afrique, c’est aussi les inondations avec ses lots de dégâts. En effet, les pluies ont frappé une vingtaine de pays africains occasionnant des sinistrés en grands nombres.

Les organisations humanitaires estiment qu’environ 12 millions de dollars sont nécessaires pour venir en aide aux communautés agricoles ayant souffert des inondations en Afrique de l’Ouest et en Afrique orientale. La crise ivoirienne encore présente, a connu cependant une avancée significative avec la médiation du Président du Faso.

Malgré les multiples foyers de tension, notre continent a également été marqué par des consultations électorales dans certains pays dont le Sénégal, la Sierra Léone, le Togo.

Au Kenya, la grande préoccupation de la communauté internationale aujourd’hui est de répondre aux besoins des Kenyans déplacés et en détresses à cause de la crise. L’ONU a estimé que quelque250.000 Kenyans ont été déplacés et 350 autres probablement tués au cours des violences ; environ 5.000 Kenyans ont quitté le pays pour l’Ouganda et un nombre encore inconnu en direction de la Tanzanie. La nomination de l’ancien président nigérian OLESEGUN OBANSANJO et de l’ex-ministre des affaires étrangères du Sénégal respectivement aux comptes de l’ONU et de l’UA dans la recherche de solution, est à saluer. Les populations touaregs réclament une répartition des pouvoirs et une reconnaissance de leur identité culturelle au Mali et au Niger.

Au Maroc, des pluies diluviennes ont tué au moins 35 personnes et causé d’importants dégâts : la principale raffinerie de pétrole du pays a été gravement endommagée par un incendie provoqué par la montée des eaux. Depuis, le royaume continu de panser ses plaies et doit faire face simultanément aux inondations saisonnières et à une sécheresse structurelle qui menace son économie.

Année 2009-2010

Camarade congressistes, lorsque les lampions s’éteignaient sur notre conseil national de 2008 nous formulions le vœu ardent de voir notre cher continent connaître un peu plus de paix, de démocratie et de prospérité. Malheureusement, cette année semble coiffer au poteau tous les palmarès 2008. L’année 2009 restera sans doute pour les peuples africains, une année sombre au plan de la promotion de la bonne gouvernance aussi bien sous le prisme politique, que social et économique. Camarades congressistes, au cours de cette période, notre continent est resté une fois encore marqué par différentes crises internes pour la plupart, par diverses catastrophes naturelles et par des élections législatives et/ou présidentielles dans certains pays. En Guinée, après les événements tragiques du 28 septembre à Conakry ayant coûté la vie à plus de 150 personnes, le Président burkinabè, Blaise Compaoré, a été désigné par ses pairs de la CEDEAO, pour ramener la paix et réconcilier les Guinéens entre eux. Cette nouvelle mission à Conakry, qualifiée de difficile et périlleuse, ne sera pas de tout repos au regard des positions à la fois exacerbées et tranchées. Cependant, la prise en main des affaires par le Général Sékouba Konaté semble apporter un bémol avec la tenue du 1er tour de l’élection présidentielle le 2 juillet 2010.

Au Niger, malgré la pression de la communauté internationale, le président Mamadou Tandja, droit dans ses bottes, a posé des actes qui ont continué à freiner l’engagement de ce pays pour la démocratie et une bonne gouvernance. En effet, après la dissolution de l’Assemblée Nationale, la tenue d’un référendum qui a été rejeté de l’intérieur et par la communauté internationale, il a bouclé la boucle avec la tenue d’élections législatives pour consolider son pouvoir, ce, en dépit de la demande de la CEDEAO de suspendre lesdites élections. C’est pourquoi nous avions soutenu totalement la décision de la CEDEAO de ne pas reconnaître les résultats de ces élections et de suspendre le Niger de toutes ses instances jusqu’au rétablissement dans le pays de la légalité constitutionnelle. Le couronnement de cette situation politique exacerbée a été le coup de force perpétré par le Général GUIBO Salou et ses hommes le 18 février 2010, et qui a mis fin à la dérive du Président Tangia.

Camarades congressistes, notre continent compte dix sept (17) millions de déplacés dus aux conflits et aux inondations. En effet, en Ethio¬pie, plus d’un mil¬lion de personnes ont été obli¬gées de fuir leurs do¬mi¬ciles à cause de la re¬cru¬des¬cence des conflits. 1,4 mil¬lion de sans-abris soit cinq per¬sonnes chaque mi-nute sont for¬cées de fuir leurs do¬mi¬ciles in¬dique l’ONG OXFAM. Toujours selon la même source, toutes ces per¬sonnes ont été tou¬chées par la re¬cru¬des¬cence de la vio¬lence au Congo, au Sou¬dan et en So¬ma¬lie. La si¬tua¬tion est si pré¬oc¬cu¬pante que la ques¬tion de la paix et de sé¬cu¬ri¬té dans le conti¬nent a été au centre des dis¬cus¬sions des chefs d’Etat et de gou¬ver¬ne¬ment réunis à Syrte (Libye) à l’oc¬ca¬sion du 15ème Som¬met de l’Union Afri¬caine (UA). Le SNEA-B a déploré le fait qu’au der¬nier som¬met de l’UA en jan¬vier 2009, les di¬ri¬geants afri¬cains n’ont ni dis¬cu¬té de ces conflits exis¬tants ni pris des me¬sures pour pro¬té¬ger les ci¬vils de la vio¬lence et de leurs souf¬frances. En effet, de¬puis lors, la vio¬lence dans l’Est de la Ré¬pu-blique dé¬mo¬cra¬tique du Congo (RDC), dans le Centre-Est de la So¬ma¬lie et au Sud Sou¬dan s’est in¬ten¬si¬fiée et d’innombrables vies ont été dé¬truites. Nous estimions que l’Union Africaine doit, sans équi¬voque, condam¬ner ces souf¬frances car il est in¬ac¬cep¬table qu’en Afrique, des femmes soient en¬core vic¬times de viol, des hommes tués, la vie de plu¬sieurs gé¬né¬ra¬tions d’en¬fants anéan¬tie. En consé¬quence, nous l’invitions à œuvrer d’avantage pour des so¬lu¬tions di¬plo¬ma¬tiques et po-li¬tiques du¬rables à ces conflits, plu¬tôt que d’en¬clen¬cher des ac¬tions mi¬li¬taires qui ne font qu’ac-cen¬tuer le bilan et la mi¬sère parmi les ci¬vils. Par ailleurs, nous avions salué la convention qui vient d’être prise par les Chefs d’Etat au sommet spécial de l’UA qui s’est tenu à Kampala en faveur des personnes déplacées et souhaitons une mise en œuvre rapide de ladite convention. Le SNEA-B s’était associé à la préoccupation de la communauté internationale sur la situation d’instabilité et d’incertitude qui prévaut actuellement à Madagascar. C’est pourquoi nous appelions toutes les parties malgaches à assurer le calme et les invitons à participer sans tarder à un dialogue élargi tel que préconisé par la médiation proposée par le Conseil des Eglises Chrétiennes de Madagascar et soutenu par les facilitateurs dépêchés par le Secrétaire Général des Nations Unies, ceci afin qu’une solution pacifique, légale et légitime puisse être trouvée à la crise actuelle. En Côte d’Ivoire, on peut dire que les choses sérieuses commencent. En effet, la Commission électorale indépendante (CEI) a bouclé la liste des candidats à l’élection présidentielle prévue officiellement le 29 novembre 2009 et reporté pour le 31 octobre 2010. Nous estimons qu’après sept années de guerre, les ivoiriens ont enfin compris que les élections ne doivent plus être des occasions de crises et de violences meurtrières. L’enjeu des élections pour eux ne doit donc pas être seulement le triomphe d’un candidat contre un autre, mais plutôt la victoire de la paix sur la guerre. Pour que la Côte d’Ivoire se réconcilie avec elle-même et retrouve toutes les valeurs nobles qui l’ont toujours caractérisée, les candidats et leurs directions de campagne respectives ont la lourde responsabilité de faire campagne avec le bon ton, dans un esprit d’apaisement, de fraternité et d’amour. Nous espérons que la nouveau délai proposé par la Commission Electorale Indépendante ( CEI) sera enfin respecté et que des élections présidentielles libres et transparentes seront organisées pour remettre le pays sur les rails. Si en Côte d’Ivoire les choses sérieuses commencent, au Gabon et en Tunisie on pourrait dire que « la récréation est terminée ». En effet, l’élection d’Ali Bongo, fils du président Omar Bongo Ondimba, mort en juin après quarante et un ans au pouvoir, a été confirmée par la Cour constitutionnelle gabonaise, qui a rejeté ou déclaré irrecevables les onze recours en annulation du scrutin déposés par neuf candidats et une citoyenne. L’annonce des résultats du scrutin, le 3 septembre, avait entraîné on se souvient, des violences qui ont fait une quinzaine de morts, particulièrement à Port-Gentil la capitale pétrolière du pays. Le SNEA-B souhaite que le discours de campagne qui a été tenu par le vainqueur qui a déjà prêté serment, se traduise en réalité afin que les énormes richesses du pays reviennent enfin au peuple du Gabon.

Par un score à la soviétique de 89,62% des suffrages exprimés, Zine el- Abidine Ben Ali le chef de l’Etat sortant vient de se faire réélire pour la 5è fois à la tête de la Tunisie. Nous souhaitons que ce tyran des temps modernes qui règne sans partage,qui foule aux pieds les droits élémentaires de l’homme et qui a transformé le pays en un Etat policier, comprenne enfin que prospérité rime avec liberté et démocratie. Pour clore ce chapitre le SNEAB condamne fermement tous les crimes, les atrocités, les viols, les atteintes à la vie et à la dignité de femmes et d’hommes ; nous attirons également l’attention de la communauté internationale sur le fait que les médias sont en passe d’être muselés avec des menaces de mort proférées contre des journalistes et les entraves à la liberté de la presse. Il interpelle l’ensemble des dirigeants du continent a plus de maturité politique économique et social en vue de sortir l’Afrique de ce marasme.

c) au Burkina faso

Camarades congressistes, la situation intérieure est restée marquée par :
-  l’érosion continuelle du pouvoir d’achat des travailleurs ;
-  la corruption qui gangrène l’administration publique ;
-  et la montée de l’insécurité tant dans les grands centres qu’à l’intérieur du pays. • au plan social l’excédent céréalier réalisé en fin 2008 n’a eu aucune incidence sur les prix des denrées alimentaires. Notre motion sur la constitution d’un stock de sécurité alimentaire est restée lettre morte. Il devient de plus en plus difficile au Burkina, pays à vocation essentiellement agricole, d’assurer deux (2) repas quotidiens par famille. Pendant ce temps, les barrons de la 4ème République se la coulent douce.

Selon les révélations d’un homme politique, 15% de la population détiennent 85% des biens du pays. La campagne agricole 2009 avait donné des signes inquiétants avec l’arrêt brusque des pluies. Il y a fort à craindre que le pays s’enlise dans une crise alimentaire entretenue par les commerçants spéculateurs sous le regard coupable du gouvernement au nom de la libre concurrence. Il en est de même en ce qui concerne les récentes hausses injustifiées des prix des hydrocarbures qui sont de nature à accentuer les souffrances des populations laborieuses de notre pays. Toujours au plan social, il convient de rappeler la crise universitaire qui a paralysé l’université de Ouagadougou ; crise qui s’est matérialisée par la fermeture des amphis, des restaurants, et même des cités universitaires, la suspension du versement des bourses. Etudiants et forces de l’ordre se sont affrontés où plusieurs dizaines d’étudiants ont été arrêtés puis jugés. Le SNEA-B a salué la reprise des cours, la réouverture des cités et des restaurants et souhaite qu’un cadre de concertations et de dialogue franc et fructueux soit trouvé afin que pareils affrontements ne se répètent plus. Après le mouvement des organisations estudiantines, Les camarades du SYNADEC (Syndicat National des Enseignants Chercheurs) avaient engagé une grève illimitée en ne réclamant rien d’autre que le règlement de la dette sociale et la valorisation du statut de l’enseignant chercheur. Malgré les menaces et les manœuvres dilatoires, les camarades ont fait preuve de courage, de ténacité et d’engagement total. Après la grève de 54 jours, engagée par le SNEA-B en 1980, celle-ci restera la plus longue qu’une organisation syndicale ait jamais engagée. Camarades congressistes, le 1er septembre 2009 restera une date sombre dans les annales de l’histoire de notre pays. E n effet, ce jour là il s’est abattu sur la capitale et sur d’autres villes de l’intérieur du pays une pluie diluvienne sans pareil. 263,3 mm en quelques heures ont plongé Ouagadougou sous les eaux, causant ainsi d’énormes dégâts. Cette inondation a laissé près de 150000 personnes sans abri, endommagé une dizaine de ponts. Les dégâts matériels sont difficiles à chiffrer. Le gouvernement les a estimés à plus de 70 milliards. Il convient de saluer la promptitude des soutiens tant des autorités que du peuple qui ont soulagé les victimes. Jusque là la gestion de ce sinistre semble satisfaisante. Nous avions exprimé notre profonde compassion à l’ensemble des victimes. Toutefois, nous interpellons les gouvernants quand au bon usage de toutes ses contributions au profit des bénéficiaires. Au plan politique, le tripatouillage des constitutions en Afrique fait son petit bonhomme de chemin. Depuis la tenue du dernier congrès du CDP, la rumeur persistante d’une probable révision de notre constitution pour lever le verrou de la limitation des mandats se mue en réalité. Plusieurs sorties d’hommes politiques de la majorité et de la mouvance présidentielle témoignent pour ceux qui en doutaient encore de l’imminence de cette forfaiture. Le SNEA-B réaffirme son attachement à l’alternance démocratique et invite les autorités de la 4ème République à nous épargner des lendemains incertains.

II – Situation de nos régions syndicales

Le Bureau National félicite toutes les régions qui en dépit des multiples difficultés, ont pu tenir régulièrement leurs instances. Au total, 10 régions sur 13 en moyenne ont tenu leurs conseils régionaux.

Du bilan de ces activités, les responsables régionaux ont montré leur volonté d’occuper le terrain syndical sur leur territoire et de maintenir allumée la flamme du SNEA-B. Le BN s’en est réjouit et les a ainsi encouragé à plus d’actions. Leurs activités portaient sur la participation aux rencontres régionales dont les conseils de direction, les commissions régionales de mutation du personnel, etc. Les problèmes de mobilisation, de manque de moyens avaient été relevés comme difficultés. Quant aux revendications régionales elles sont entre autres la prise en charge des maîtres conseillers des stagiaires des ENEP, l’organisation des conférences pédagogiques par les enseignants, la prise en charge financière des GAP et conférences pédagogiques, l’institution de cadres de concertation dans les CEB, les DPEBA et les DREBA, les démarches pour obtenir des terrains au profit des régions et la recherche de partenaires au niveau régional.

Au plan financier, pour la majeure partie des régions, il s’est agit de la mévente ou de la vente tardive des cartes et timbres. Nombre de régions n’ont effectué de dépenses par manque de ressources financières. La grande difficulté relevée partout est la même à savoir le problème de recouvrement des cotisations. Et cette situation a été malheureusement à la base de la non exécution de la plupart des activités programmées. Néanmoins certaines régions ont pu tirer leur épingle du jeu et ont versé aux délégations du BN qui ont assisté aux conseils, certaines sommes

Le BN, prenant note de ses revendications et difficultés évoquées a exhorté les responsables régionaux à mettre en application les acquis en négociation lors des sessions de formation syndicale pour un aboutissement heureux tout en restant à leur disposition pour tout appui.

III. DE NOS ACTIVITES

De 2007 à 2009, le bureau national a organisé des séminaires de formations aux profits des militants en partenariat avec la CSQ, la FCE, l’UNSA-éducation, le CSFEF, et l’IE.

Il a participé à différents séminaires organisés par le MEBA, le PRODERE/AO. Il a participé également aux instances du MEBA, au CASEM, au Conseil d’Administration des ENEP, à la validation des candidatures aux différents concours et examens professionnels, à la négociation Syndicat/gouvernement, au secrétariat de correction et de délibération des concours professionnels du MEBA et à la célébration des activités commémoratives unitaires du 1er Mai des années écoulées.

Outre les missions à l’intérieur du pays, le Bureau National est allé à l’extérieur soit pour participer à des rencontres où soit dans le cadre des activités du CSFEF. Le résumé succinct de l’ensemble des activités est annexé au rapport.

IV- De nos publications

S’agissant de nos publications le Bureau National a élaboré et publié les écrits suivants :

Les traditionnels messages de rentrée 2007-2008/ 2008-2009/ 2009-2010.

Une déclaration sur le nouveau Système d’évaluation.

Une déclaration sur la reconstitution des carrières des agents du MEBA.

Une déclaration relative au soixantième anniversaire du SNEA-B

Une déclaration sur le respect du volume horaire à l’école primaire.

V PERSPECTIVES

Camarades congressistes, au cours du quadriennat à venir nous allons non seulement poursuivre l’exécution de nos plans d’action mais aussi et surtout maintenir la mobilisation pour les actions futures dans le cadre de l’unité d’action engagée par l’ensemble du mouvement syndical de notre pays. Dans le domaine du renforcement des capacités de nos membres à travers la formation, notre partenariat s’est renforcé avec la Centrale des Syndicats de Québec (CSQ) à travers l’organisation du séminaire sur l’éducation relative à l’environnement et au développement durable en 2009. Ce programme sera poursuivi avec l’élaboration de fiches pédagogiques qui serviront pour des séances de démultiplications dans les régions.

Dans le cadre de notre partenariat avec la Fédération Canadienne des Enseignantes et des Enseignants, nous nous acheminons vers la fin de la phase triennale 2007-2010. Le plan quadriennal de travail détaillé 2011-2015 a été transmis à la Fédération Canadienne des Enseignantes et des Enseignants (FCE) depuis le mois de juillet 2009.

La mise en œuvre d’un système de protection sociale solidaire à travers la création d’une mutuelle des professionnels de l’éducation dans notre pays, demeure une grande perspective à poursuivre avec l’ensemble des organisations syndicales enseignantes de notre pays. Le Comité Syndical Francophone (CSFEF) réseau à laquelle nous appartenons s’est engagé en partenariat avec le Mutuelle Générale de l’Education Nationale (MGEN) de France à accompagné les syndicats dans les pays de l’UEMOA qui désirent créer des mutuelles.

Le Bureau National poursuit toujours sa politique de recherche de nouveaux partenaires au niveau international. En ce qui concerne nos revendications restées sans suite, le Bureau National va poursuivre les actions pour leur satisfaction. Cette instance est l’occasion pour nous de réactualiser notre plate forme revendicative. Le Bureau National sait compter sur votre sens des responsabilités en la matière afin que des revendications réalistes et réalisables sortent de ce congrès.

VI CONCLUSION

Camarades congressistes, nous pouvons affirmer que le SNEA-B a gagné en maturité, en efficacité en assainissement de ses finances et a remporté des victoires certaines même si beaucoup reste encore à faire.

L’heure n’est pas pour nous à dormir sur nos lauriers malgré la motion solennelle de félicitation que vous avez adressée au Bureau National. Nous mesurons votre satisfaction à sa juste valeur, mais cette félicitation constitue pour nous un appel appuyé à mieux faire afin que le flambeau que nous avons allumé ensemble reste haut mais toujours flamboyant. Le bureau national sortant a fait ce qu’il a pu faire grâce à vos soutiens multiformes dont il a bénéficié toutes ces années.

Au cours de ces dix dernières années notre organisation, a accru sa visibilité en se positionnant comme véritable leader au sein du mouvement syndical enseignant dans notre pays. Nous devons tous être fiers d’appartenir à cette grande organisation syndicale qu’est le SNEA-B ; organisation qui allie les indispensables propositions à une volonté d’aboutir, qui s’appuie sur les résultats et les actions, qui avec courage, signe des accords, pose des actes, ouvre des perspectives. Oui nous sommes résolument une organisation présente dans 45 provinces et dans 13 régions du pays. Elle est constituée aujourd’hui de 56 sections et de 13 coordinations régionales.

Camarades, comment pourrais je passer sous silence cet épineux dossier de reconstitution de carrières des enseignants recrutés en, 1983-1984 et 1985 ? Cette reconstitution de carrière qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive est aujourd’hui une réalité grâce à la détermination du Bureau National. L’aboutissement heureux de cette revendication est le fruit du dialogue franc et constructif que nous avons eu avec le Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat.

Ces résultats nous confèrent une responsabilité majeure : celle de parler d’une seule voix, de parler ferme et d’agir juste. C’est à la fois sa richesse et sa complexité. Nous n’échappons pas aux tensions, aux questionnements mais nous avons toujours eu la lucidité de les regarder en face ; nous avons toujours su privilégier le résultat collectif ; nous avons toujours voulu rassembler, dépasser les intérêts particuliers, unir avant tout pour être efficaces.

La tache du mouvement syndical est plus que jamais celle de la lucidité, de l’anticipation et du courage, à tout moment. Il lui faut à la fois refuser les facilités de la démagogie comme celle de la complaisance, de la fuite en avant comme des arrangements. Plus que jamais dans le temps que nous vivons, le syndicalisme doit dire ce qu’il veut, affirmer ses objectifs, parler haut et clair, montrer que la démarche résolue qu’il incarne permettra de maintenir une société solidaire.

Ainsi pour concrétiser nos orientations, la relève syndicale apporte un vent rafraîchissant à nos pratiques et la vision des jeunes de l’organisation, tant sur le plan local que national, mérite toute notre attention.

En ce sens, nous souhaitons poursuivre la promotion de pratiques nouvelles et différentes quant à notre approche de l’action terrain et de nos communications. Etre visibles, se faire entendre et faire preuve d’originalité sont des objectifs que nous souhaitons maintenir et déployer pour une organisation forte et crédible. Ensemble nous pouvons relever ce défi.

Camarades congressistes nous soumettons donc ce bilan succinct à votre appréciation. Nous vous exhortons à faire des critiques objectives et des suggestions pertinentes qui vont nous guider durant le prochain mandat.

Vive le SNEA-B pour que vive le monde de l’éducation !

Unité Solidarité Justice !

La lutte continue.

Je vous remercie.


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Annonces

Condition d’obtention d’un passeport burkinabé

Le passeport ordinaire est délivré par la Direction Générale de la Police Nationale à travers la Division de la Migration sise à Gounghin. Pour l’obtention d’un passeport, il faut constituer un dossier composé des pièces ci-dessous à déposer à la Division de la Migration tous les matins du lundi au vendredi.

Composition du dossier d’une demande de passeport Pour les majeurs

1. Une copie légalisée de l’acte de naissance

2. Une copie légalisée du certificat de nationalité Burkinabé

3. Une copie légalisée de la CNIB

4. Un casier judiciaire en cours de validité

5. Un timbre de 200FCFA

6. Trois(03) photos d’identité (format passeport)

7. Un document justifiant votre profession

8. La somme de cinquante mille (50.000F) CFA pour les frais d’établissement Pour les femmes mariées qui désirent porter le nom de leurs conjoints sur le passeport, il faut joindre une copie légalisée de l’acte de mariage aux pièces citées ci-dessus.

Pour les mineurs

1. L’acte de naissance de l’enfant

2. Le certificat de nationalité de l’enfant

3. Une autorisation parentale

4. Document d’identité des deux parents (si le mineur réside au Burkina Faso) ; dans le cas contraire, il faut un titre de séjour des deux parents. Dans ce cas, l’autorisation parentale n’est plus nécessaire.

5. Un timbre fiscal de 200 f plus la somme de 50000f

6. Trois(03) photos (format passeport)

Pour les militaires et paramilitaires, il faut joindre un certificat de présence au corps précisant l’établissement d’un passeport.

NB : La durée d’établissement est de soixante-douze heures (72h) ouvrables si le dossier est régulier.

- Mais en cas d’insuffisance de stocks le délai peut varier en fonction de l’urgence.

- Eviter de passer par des intermédiaires.


Brèves

24 octobre 2014 - Rencontre du CSFEF

Depuis le 20 octobre se tien à DAKAR la rencontre du CSFEF en prélude au sommet des chefs d’état (...)

22 juillet 2014 - Statut particulier des enseignants

Camarades, nous avons le plaisir de vous informer que les travaux sur le statut particulier ont (...)

17 janvier 2014 - NEGOCIATION GOUVERNEMENT SYNDICATS

Les négociations gouvernement syndicats ont repris le 13 janvier 2014.

28 décembre 2012 - Rencontre extraordinaire du Bureau National du SNEA-B avec la CSQ

Ce vendredi 20 décembre 2012 s’est tenue au siège du SNEA-B, une rencontre avec deux (...)

28 décembre 2012 - TRAVAUX DE LA COMMISSION DE REDACTION DU STATUT PARTICULIER DU PERSONNEL DE L’EDUCATION DE BASE

Depuis le 18 décembre 2012, ont débuté les travaux de la commission de rédaction du statut (...)